Mon amour, je veux être libre, mais celui qui plonge est seul, sa descente est intime. Si la réunion de deux âmes est notre aboutissement, et la liberté ma voie, je ne puis finir qu' écartelée, car je t'aime, et sa aura pour voie cette même liberté exclusive, cette dissolution du "moi" dans un monde que je ne pourrais voir à travers tes yeux, car tu n'en aura pas besoin. En voulant tout de toi, en te libérant de moi, je n'aurais connu qu'une seconde d'éternité avant de devenir cendres, c'est certainement bien assez pour une fille comme moi. Je ne fais pas encore confiance au point de croire que tu plongera avec moi, que ta liberté résidera justement dans cet ultime choix qui est: toi + moi. Se serrer la main. Concilier tendrement, être libre de tout et s'aimer plus que tout. Mais je ne veux pas y croire, car y croire signifierait passer ma vie loin de l'inutile dans une solitude plus vaste et plus vraie que tout. Pourtant en y mettant des mots je te fais exister, et j'ai déjà cette foi. Je peux bien le dire... J'ai tellement, tellement peur de mourir sans avoir connu le vrai amour... Peur d''aller dans cette finalité qui n'a plus de sens à mon essence si ton amour n'en fait pas partie. L'inconnu ne m'inquiète pas. Non, c'est de glisser dans l'accompli sans avoir été complète. De mourir sans toi. Pourquoi est-ce que je continue de te protéger et de te défendre quand on me dit que tu n'es qu'un beau salop? Ce n'est pas moi qui ne sais aimer, finalement. C'est toi, qui a peur, n'es tu pas à ta propre hauteur; ou bien encore es tu de ceux qui sont chaos plutôt qu' amour? Je ne devrais ni te haïr, ni "mentir" pour toi, mais c'est ainsi. Outre le fait plaisant d'être aimée en tant que femme, je voudrais être aimée en tant qu' enfant et liberté ; il n'y aurait de plus grande plénitude à mon coeur que d'être ta muse car c'est toi que j'aime, de celui qui serait pour moi Le Monde!!! Vois-tu, il me reste du chemin à parcourir avant que je puisse vraiment te trouver. Dire bonjour au sage qui ne confond pas. Confondre les choses, ça excuse l'égoïsme. Je peux comprendre, mais ne viens pas m'imposer ta cécité comme réponse à mon regard. Passe ton chemin, comme les autres. Je n'ai rien de commun: je suis humain. Tâche d'encre à la dérive sur un néant d'océan. Immobile et songeuse...